Ces dernières semaines je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup écrire ; on pourrait dire que les événements se sont succédés, que j’ai été aspirée par la fuite des jours ; toujours est-il qu’aujourd’hui j’ai du mal à réaliser que notre séjour s’est achevé… Tant d’images, de moments, d’impressions se bousculent et tournent dans ma tête, je ne sais par où commencer.
Il y a eu les délicieux pelmeny des parents de Lena, les balades sur la Bolshaïa Sadovaïa, sur la Pushkinskaïa (les deux grandes artères de Rostov) et dans le parc Gorki, les moustiques, les chiens du voisinage et les chats un peu farouches, il y a les femmes de l’accueil au foyer, les étudiants que nous y avons croisés, les élèves, les amis de nos amis, autant de figures et de lieux qui nécessiteraient tous des développements ! Il y a les dessins animés sur les contes traditionnels, il y a le musée à Rostov, le zoo, la rencontre avec le recteur ; nos repas “kacha”, la cure de kéfir, le gâteau de pâtes et l’inénarrable moelleux au chocolat : autant d’anecdotes, d’historiettes en attente de récit. Il y a le splendide travail que Julie a réalisé sur un de mes t-shirts lors de nos soirées tranquilles au foyer, il y a la fête improvisée que nous a concoctée nos voisins de foyers, le repas au restaurant tandis qu’un lapin se promène entre les tables, l’avion que j’ai raté à l’aller et que j’ai bien failli rater à nouveau au retour. Il y a notre vendeur de fruits préféré, un Azerbaïdjanais qui mériterait un article pour lui tout seul. Il y a nos bidons de 5 litres de thé artisanal made in Julie & Stéph, les boîtes de sardines à la tomate, le bonheur d’un MacDo, le passage sur le marché, sur les quais, à l’Alliance française. J’en oublie déjà. Les étals de livres d’occasion au pieds de l’imposante (et hideuse) bibliothèque municipale. Les supermarchés, payer l’alcool (enfin, les alcools forts – enfin, la vodka quoi) à une caisse dédiée avant de régler le reste de ses achats. Les casiers à l’entrée des magasins, la pizza géante, la stolovaïa, cette cantine pour ouvriers où nous avons pu avoir des repas chauds, cuisinés, de la viande et du gras pour pas cher. Les crèpes à emporter dans une boîte en carton et la déception renouvelée que la sauce “à l’ouzbèque” ne soit jamais disponible. Les glaces russes dans leurs “cônes” en quasi-carton, les esquimaux СССР, la “plombir”. Le hum “minimalisme” de la cuisine collective du foyer, les contrôles tâtillons à l’entrée de l’université, l’immense parc, les heures à me promener sur wikipédia pour en apprendre un peu sur l’industrie ferroviaire et traduire les brochures de l’université. Les bus et leurs inscriptions en allemand ou en suédois, le chauffeur qui a tenté de nous arnaquer, les graines de tournesol, le chou pour les yaks, les discussions surréalistes sur les Noirs ou les homosexuels avec nos élèves…
Chacun des éléments énumérés dans cette sorte d’inventaire à la Prévert vaudrait un article, un petit récit, une note pour le sauver de l’oubli. Comme les semaines sont passées vite. Comme Rostov et le Don me semblent loin…
Facile à lire, abordant des thèmes aussi variés que la cuisine (par quel autre article aurais-je pu commencer ?), la babouchka – inénarrable figure de la petite vieille -, Mendeleïev, l’armée Rouge, le Docteur Jivago ou l’éternelle interrogation “Que faire ?”, le dictionnaire permet par fragments de se promener dans la culture russe. L’occasion de comprendre peut-être un petit peu mieux ses interlocuteurs en témoignant de son intérêt pour le pays.
Les billets sont fins, bien plus larges que hauts. Coupures de 10, 50, 100 roubles. Elles correspondent à des vues de Krasnoïarsk, Saint-Pétersbourg et Moscou. La Banque de la Fédération de Russie émet des billets à valeurs nominale plus élevée : 500, 1000, 5000. Je n’ai pas de ceux-là dans mon porte-feuille !






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