post-rostov

11 08 2009

Ces dernières semaines je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup écrire ; on pourrait dire que les événements se sont succédés, que j’ai été aspirée par la fuite des jours ; toujours est-il qu’aujourd’hui j’ai du mal à réaliser que notre séjour s’est achevé… Tant d’images, de moments, d’impressions se bousculent et tournent dans ma tête, je ne sais par où commencer.

Il y a eu les délicieux pelmeny des parents de Lena, les balades sur la Bolshaïa Sadovaïa, sur la Pushkinskaïa (les deux grandes artères de Rostov) et dans le parc Gorki, les moustiques, les chiens du voisinage et les chats un peu farouches, il y a les femmes de l’accueil au foyer, les étudiants que nous y avons croisés, les élèves, les amis de nos amis, autant de figures et de lieux qui nécessiteraient tous des développements ! Il y a les dessins animés sur les contes traditionnels, il y a le musée à Rostov, le zoo, la rencontre avec le recteur ; nos repas “kacha”, la cure de kéfir, le gâteau de pâtes et l’inénarrable moelleux au chocolat : autant d’anecdotes, d’historiettes en attente de récit. Il y a le splendide travail que Julie a réalisé sur un de mes t-shirts lors de nos soirées tranquilles au foyer, il y a la fête improvisée que nous a concoctée nos voisins de foyers, le repas au restaurant tandis qu’un lapin se promène entre les tables, l’avion que j’ai raté à l’aller et que j’ai bien failli rater à nouveau au retour. Il y a notre vendeur de fruits préféré, un Azerbaïdjanais qui mériterait un article pour lui tout seul. Il y a nos bidons de 5 litres de thé artisanal made in Julie & Stéph, les boîtes de sardines à la tomate, le bonheur d’un MacDo, le passage sur le marché, sur les quais, à l’Alliance française. J’en oublie déjà. Les étals de livres d’occasion au pieds de l’imposante (et hideuse) bibliothèque municipale. Les supermarchés, payer l’alcool (enfin, les alcools forts – enfin, la vodka quoi) à une caisse dédiée avant de régler le reste de ses achats. Les casiers à l’entrée des magasins, la pizza géante, la stolovaïa, cette cantine pour ouvriers où nous avons pu avoir des repas chauds, cuisinés, de la viande et du gras pour pas cher. Les crèpes à emporter dans une boîte en carton et la déception renouvelée que la sauce “à l’ouzbèque” ne soit jamais disponible. Les glaces russes dans leurs “cônes” en quasi-carton, les esquimaux СССР, la “plombir”. Le hum “minimalisme” de la cuisine collective du foyer, les contrôles tâtillons à l’entrée de l’université, l’immense parc, les heures à me promener sur wikipédia pour en apprendre un peu sur l’industrie ferroviaire et traduire les brochures de l’université. Les bus et leurs inscriptions en allemand ou en suédois, le chauffeur qui a tenté de nous arnaquer, les graines de tournesol, le chou pour les yaks, les discussions surréalistes sur les Noirs ou les homosexuels avec nos élèves…

Chacun des éléments énumérés dans cette sorte d’inventaire à la Prévert vaudrait un article, un petit récit, une note pour le sauver de l’oubli. Comme les semaines sont passées vite. Comme Rostov et le Don me semblent loin…





La bande son de l’été

11 08 2009

Nous écoutions Julie et moi la radio en boucle. Il n’existe que des radios musicales, 5 ou 6 du genre d’NRJ-Fun et 2 qui se partagent le public plus âgé à la Nostalgie.

Deux chansons se seront démarquées par la fréquence de leur passage ; à elles deux, elles forment la bande originale de notre séjour à Rostov !

МакSим, “Не отдам” (MakSim, “Ne otdam”)

Arash feat. Helena “Pure love” – la chanson de Julie !





Dernières nouvelles

28 07 2009

Hier : le grand sommeil. Nous avons récupéré d’un coup la fatigue accumulée. Nous avons du temps pour faire les repas, nous pomponner, bref, atmosphère de vacances. Hier il a plu toute la journée, du coup, pas de regrets à lézarder sur nos oreillers.

Aujourd’hui, un cours d’anglais pour des ados est prévu en début d’après-midi. Après… On verra bien !

Les semaines précédentes sous passées comme dans un souffle. J’ai du mal à croire que désormais nous avons dépassé la moitié de la durée de notre séjour ici…





Rostofolie

25 07 2009

Ces deux derniers jours plein d’activité nocturne ! Mais non, ne craignez rien, la morale est sauve.

Par activité nocturne j’entend une soirée dans un club de jazz plutôt cossu (bien loin des caves enfumées de Berlin), puis dans un café auto proclamé “à la française”. Le thé y était très bon. J’ai pour ma part commandé un chocolat chaud. Un chocolat chaud ici, c’est du chocolat fondu. Une masse marron épaisse servie dans une petite tasse. A ne pas confondre avec le cacao, qui se rapproche de notre Nesquik (poudre arôme cacao et eau ou lait dans le meilleur des cas) !

Julie et moi nous étions faites jolies pour l’occasion et je me suis presque sentie une vraie Russe maquillée par les bons soins de Julie, en robe et perchée sur des talons ! Nous avons pris quelques photos, je les montrerai en temps et en heure.

Aujourd’hui au programme : visite de Taganrog, la ville natale de Tchekhov.
Nous avons appris hier que le stage de langue pour nos étudiants se finissait aujourd’hui. Jusqu’au 9 août, date de notre retour en France, nous allons avoir bien du temps libre !

Julie et moi avons désormais une voisine au foyer, une femme d’une trentaine d’années nommée Oksana. On ne la voit ni ne l’entend pas beaucoup. Celui que l’on entend beaucoup en revanche, c’est le voisin de la chambre d’à-côté. Il écoute de la dance et de la techno à fond les manettes de 17 à 22h. Heureusement il se couche tôt ! Nous l’avons croisé à plusieurs reprise dans les couloirs ces derniers jours et hier soir il nous a invité, selon la coutume russe, à venir prendre un thé dans sa chambre. Il est très étonné d’avoir deux Françaises dans son foyer ! Il nous a posé mille et une questions sur Paris et la France.

Bref, tout va bien. Les deux semaines à venir s’annoncent plus calmes ; depuis mon arrivée, il est vrai que Julie et moi nous sommes toujours couchées de bonne heure tant le rythme était soutenu ! Ces derniers jours j’ai donné un peu moins de cours et passé du temps sur la traduction d’un livret promotionnel de 15 pages à la gloire de l’université où nous travaillons ; elle fête ses 80 ans cette année. Il y avait beaucoup de termes techniques qui ont rendu la mise en français un peu délicate (l’université est spécialisée dans le transport ferroviaire) mais je suis bien contente d’avoir mené ce travail à bien. Je me rends compte que je ferais volontiers de la traduction pour arrondir mes fins de mois ! On peut toujours rêver…

Comme nous n’allons plus venir à l’université les prochains jours, ou de façon très ponctuelle, je risque de ne plus me connecter. Il n’y a pas de cybercafé à ma connaissance dans mon quartier.





Passage rapide

23 07 2009

Quelques petits mots pour vous parler de la dernière excursion : un village de cosaques préservé, certes touristique mais qui valait le détour : Starotcherkassk. Je vous laisse le soin de chercher sur une carte !

Le soir, nous avons retrouvé une de nos étudiantes et un de ses amis pour un merveilleux dîner chez sa grand-mère. Au menu : synirki, salade de fruits avec glace typique russe (presque vanillée mais pas tout à fait). Pain arménien “lavash” fourré d’herbes (persil, coriandre…), tartines de caviar rouge (ou oeufs de saumon). Bref, un délice.

Après-demain se finit le stage de français pour nos étudiants. A partir du lundi nous aurons un autre groupe. Comme peu d’étudiants viennent le samedi, demain nous allons organiser un petit goûter pour leur faire connaître le fameux (me souffle Julie) moelleux au chocolat !





rapides nouvelles

22 07 2009

une semaine deja! je nai que quelques minutes pour vous dire que tout va bien! Je donne 1h30 de cours de francais par jour a de jeunes etudiants et 2h danglais a des toutes petites chipies de 8 ans/ Le rythme a ete un peu dificile a prendre au debut. nous sommes constamment julie et moi dans limprovisation quant au contenu et au format des cours. jai ete un peu desaqrconnee au debut mais la ca va mieux! Il fait tres chaud ici, les temperatures frolent quotidiennement les 40 degres.
Ce week end nous avons ete invitess ds la maison de vacance des parents dune eleve. maison au bord du don avec piscine et barbecue (’shashliki’) au programme. promenade en barque sur la riviere. a perte de vue la steppe. envols de cigogne depuis les roseaux. dans les lointains se essinent Azov, Tarangog. ciel tourmente, coucher de soleil splendide.
hier rencontre avec les responsables de lalliance francaise locale. aujourdhui, visite prevue dun village cosaque. Nous sommes tres gatees par la fac qui nous recoit et nos etudiants sont adorables. jespere pouvoir bientot vous redonner des nouvelles !





Culture gé

9 07 2009

Pour connaître un peu mieux les grandes figures historiques, géographiques, sociales et culturelles de la Russie, je ne peux que recommander l’excellent Dictionnaire de la Russie réalisé sous la direction de Pascal Cauchy (Larousse, 2008, coll. A Présent). S’ouvrant sur une série de questions ordinaires sur la Russie (La Russie fait-elle partie de l’Europe ? Poutine est-il le dernier des tsars ?), il comporte de plus un panorama de l’histoire russe rapide certes mais posant bien les noeuds et les enjeux de ce qui fonde la Russie moderne.

Facile à lire, abordant des thèmes aussi variés que la cuisine (par quel autre article aurais-je pu commencer ?), la babouchka – inénarrable figure de la petite vieille -, Mendeleïev, l’armée Rouge, le Docteur Jivago ou l’éternelle interrogation “Que faire ?”, le dictionnaire permet par fragments de se promener dans la culture russe. L’occasion de comprendre peut-être un petit peu mieux ses interlocuteurs en témoignant de son intérêt pour le pays.





Des kopecks et des roubles

9 07 2009

Après un passage au bureau de change, je me retrouve titulaire de quelques milliers de roubles. Une bonne liasse mais je suis loin de la mallette !

Les billets sont fins, bien plus larges que hauts. Coupures de 10, 50, 100 roubles. Elles correspondent à des vues de Krasnoïarsk, Saint-Pétersbourg et Moscou. La Banque de la Fédération de Russie émet des billets à valeurs nominale plus élevée : 500, 1000, 5000. Je n’ai pas de ceux-là dans mon porte-feuille !

La monnaie a dû être légèrement dévaluée depuis l’année dernière ; là où je changeais un euro pour environ trente-cinq roubles, le taux hier tournait autour de quarante-quatre roubles l’euro. Le bureau de change me l’a fait à 40 roubles. Me suis-je fait avoir ?

En tous cas si les prix sont restés les mêmes (rêvons…), me voici un tantinet plus riche que je ne l’étais !





Météo

7 07 2009

A l’heure où je commence à empaqueter surgit l’habituelle question du “Qu’emporter ?” immédiatement suivie du “Quel temps fait-il à Rostov ?”.

D’après meteo.MSN.com :

aujourd’hui : Clair. Clair. Bas : 18°C. Haut : 28°C.
demain : Clair. Clair. Bas : 22°C. Haut : 31°C.
jeudi : Clair. Clair. Bas : 23°C. Haut : 33°C.
vendredi : Pluie dans l’après-midi. Pluie dans l’après-midi. Bas : 23°C. Haut : 31°C.
samedi : Pluie dans l’après-midi. Pluie dans l’après-midi. Bas : 23°C. Haut : 30°C.

A en croire lachainemeteo.com :

Bref, à l’unanimité : il fera chaud.

Les températures prévues se situent sensiblement au-dessus de la moyenne saisonnière qui, selon pogoda.ru s’élève à 16°C le matin et 28°C l’après-midi.

Conclusion : le premier article à glisser dans mon sac sera le maillot de bain ! Pour mémoire je pars mardi, alors que le grain sera passé.





Mieux connaître la Russie contemporaine

7 07 2009
Françoise Daucé. La Russie postsoviétique

Françoise Daucé. La Russie postsoviétique

En ces jours de rencontres entre chefs d’État russe et américain et en vue de mon prochain séjour, il n’est pas mauvais de se pencher un petit peu sur l’histoire (très) contemporaine de la Russie.

La Russie postsoviétique de Françoise Daucé paru en Repères chez la Découverte s’impose alors comme une lecture des plus profitables. Ouvrage clair, synthétique et à la bibliographie fournie, il permet de mieux comprendre les enjeux à l’œuvre dans la Russie d’aujourd’hui.

Tensions sociales, disparités régionales, choix économiques, mouvements politiques, libertés publiques, relations avec l’Occident et avec l’étranger proche (i.e. les anciennes Républiques socialistes) font ainsi l’objet d’éclairages invitant à saisir le pays et les métamorphoses  qu’il a connues ces presque vingt dernières années dans leur complexité.